Rue Hautefeuille, 1866

Marville : rue Hautefeuille

Rue Hautefeuille, du boulevard Saint Germain. Paris VIe. Septembre 1866.

Version haute définition : 2600 x 3302 pixels.

Marville se trouve rue Hautefeuille, près de son débouché sur l’amorce du boulevard Saint Germain, amorce réalisée lors du percement du boulevard de Sébastopol 1 en 1857 et qui se termine rue Hautefeuille. 1. Initialement Prolongement du boulevard du Centre, puis boulevard de Sébastopol par décret du 25 septembre 1855, dénommé également boulevard de Sébastopol (rive gauche), ou boulevard de Sébastopol prolongé. Renommé boulevard Saint-Michel par arrêté préfectoral du 26 février 1867. À gauche, nous voyons le débouché de la rue Pierre Sarrazin. Au fond, c’est l’entrée de l’École pratique de la Faculté de médecine sur la rue l’École de Médecine.

La jolie tourelle à gauche, qui existe toujours, est celle d’un petit hôtel du XVIe siècle, aux origines incertaines et remanié plus tard. On sait qu’il appartenait en 1703 à Mme de Bullion et qu’il est vendu à Catherine de Chicoyneau en 1755. En 1787, il est la propriété du capitaine de cavalerie Étienne-François du Coëtlosquet. L’appellation hôtel de Forez, ou de Foretz, ne semble pas à retenir.

Cette section de la rue Hautefeuille doit être élargie à l’occasion du prolongement du boulevard Saint Germain. Le percement du boulevard entre les rues Hautefeuille et de l’Ancienne Comédie, long de 230 m, est réalisé fin 1875. Pour cette opération, les nos 18, 20, 22, 24, et 26, de la rue Hautefeuille, sont expropriés et démolis en novembre 1875.

Les maisons que nous voyons à droite vont disparaître un peu plus tard, à partir de 1877, cédant la place à l’élargissement de la rue et à l’agrandissement de la Faculté de médecine 2. 2. L’agrandissement du périmètre de la Faculté de médecine est déclaré d’utilité publique par décret Mac-Mahon du 27 novembre 1876. Ces maisons sont :

— Le no 28, ancienne maison du collège des Prémontrés, où la brasserie Andler ouvrit en 1848. Cet établissement était un célèbre lieu de rencontre de peintres, comme Gustave Courbet, et hommes de lettres, comme Baudelaire. Après un changement de propriétaire en 1865, la brasserie bavaroise ferme à l’expropriation de 1877.

— Le no 30, en retrait sur cour, ancienne maison du collège des Prémontrés. Cette maison sera démolie plus tardivement, étant utilisée comme agence du chantier de la nouvelle Faculté de médecine.

— Le no 32, collège des Prémontrés (le grand immeuble sur la photographie, face au débouché de la rue Pierre Sarrazin). Cette maison conventuelle et son église attenante du XVIIe siècle, déclarées propriétés nationales en 1790, sont vendues le 20 février 1792 au libraire Charles-Joseph Panckoucke (1736-1798) 3. 3. Henri Baillière, La rue Hautefeuille : son histoire et ses habitants (propriétaires et locataires), 1252-1901. Paris, J.-B. Baillière et fils, 1904. C’est son petit-fils, Ernest Panckoucke (1808-1886) qui sera exproprié en 1877. La maison servira ensuite provisoirement de salles d’examen de la Faculté avant d’être détruite. Cette propriété incluait le beau café de la Rotonde, qu’on devine sur la photographie, qui faisait le coin avec la rue de l’École de Médecine. Cet établissement s’était installé en 1836 dans le chœur de l’ancienne chapelle des Prémontrés, d’où sa façade en rotonde. Il ferme en 1877. Le reste de la chapelle avait été aménagé en ateliers d’artistes. C’est là que Courbet s’installe en 1853. Le contenu de son atelier est dispersé aux enchères le 26 novembre 1877, suite à ses condamnations du 26 juin 1874 et du 4 mai 1877 à payer la reconstruction de la colonne Vendôme.

On voit à gauche un aménagement provisoire à destination des piétons, corrigeant la différence de niveau entre les nouveaux immeubles du boulevard et la vieille rue Hautefeuille. Depuis, la rue a été nivelée, faisant perdre de la hauteur aux rez-de-chaussée des nos 17 et 19 (près d’un mètre).

Plan rue Hautefeuille

Position de Marville. [1600 x 1000 px.]

HAUTEFEUILLE (RUE). Commence à la rue Poupée, no 13, et à la place Saint-André-des-Arts, no 9 ; finit à la rue de l’École-de-Médecine, nos 8 et 10. Le dernier impair est 21 ; le dernier pair, 32. Sa longueur est de 253 m. — 11e arrondissement, quartier de l’École-de-Médecine.

Elle portait ce nom dès l’année 1252, et se prolongeait alors jusqu’au mur de l’enceinte de Philippe-Auguste. Jaillot pense qu’elle a pris son nom des arbres hauts et touffus qui bordaient cette voie publique ; il appuie son opinion sur un article des premiers statuts faits pour les cordeliers, dans lesquels on défend le jeu de paume aux religieux sous la haute-feuillée. De la rue Saint-André-des-Arts à celle des Poitevins, on la nommait rue du Chevet-Saint-André, parce qu’elle passait derrière l’église de ce nom. Quelques actes tirés des archives de Saint-Germain-des-Prés lui donnent le nom de rue de la Barre, qu’elle devait sans doute à Jean de la Barre, avocat, qui demeurait dans le voisinage. La rue Hautefeuille a été élargie en vertu d’un arrêt du Conseil du 1er juillet 1679. — Une décision ministérielle du 4 floréal an VIII, signée L. Bonaparte, fixa la moindre largeur de cette voie publique à 8 m. Cette moindre largeur devra être portée à 10 m., en vertu d’une ordonnance royale du 11 août 1844. Les maisons nos 1, 3 et 19 sont alignées.

Les collège et prieuré des Prémontrés étaient situés dans cette rue à l’endroit où nous voyons aujourd’hui la propriété no 32. Les Prémontrés furent institués par saint Norbert, archevêque de Magdebourg, en 1120, à Prémontré, abbaye située entre Laon et Soissons. Ces religieux étaient des chanoines réguliers de Saint-Augustin. Désirant avoir à Paris un collège pour l’instruction des jeunes religieux de leur ordre, ils achetèrent en 1252 une propriété dite la maison Pierre-Sarrazin, située dans la rue Hautefeuille. Leur collège s’agrandit successivement par diverses acquisitions. L’église fut bâtie en 1618. Ces collège et prieuré devinrent propriétés nationales en 1790, et furent vendus le 20 février 1792. Ils occupaient une superficie de 911 m.

[Félix et Louis Lazare. Dictionnaire administratif et historique des rues et monuments de Paris. Paris, Bureau de la Revue Municipale, 1855.]

Affiche “Cendrillon”. Cendrillon ou la Pantoufle merveilleuse, féerie en cinq actes et trente tableaux, de Clairville, Albert Monnier et Ernest Blum, première représentation le 4 juin 1866 au théâtre impérial du Châtelet.

Affiche “Jean La Poste”. Drame anglais (Arrah-na-Pogue en version originale, 1864) en cinq actes et dix tableaux de Dion Boucicault, adapté par Eugène Nus, première représentation le 20 juin 1866 au théâtre de la Gaîté.

Affiche “Tireuse […] cartes”. La Tireuse de cartes, drame en cinq actes et un prologue de Victor Séjour, première représentation le 22 décembre 1859 au théâtre de la Porte Saint-Martin. Repris au théâtre de l’Ambigu à partir du 11 août 1866, puis simultanément au théâtre Montmartre à partir du 26 août 1866.

Affiche “Diva […]”. La Diva Peripita, folie-vaudeville en un acte. Au théâtre des Folies-Dramatiques à partir du 30 août 1866. Jusqu’au 20 septembre 1866, semble-t-il.

Affiche “Pied […] crime”. Un pied dans le crime, comédie-vaudeville en trois actes d’Eugène Labiche, première représentation le 21 août 1866 au théâtre du Palais-Royal.

Affiche “Madame Ajax”. Pièce en trois actes de Varin et Michel Delaporte, première représentation le 27 août 1866 au théâtre du Vaudeville, jusqu’au 24 septembre 1866.

Affiche “Relâche […] Parisiens […] Londres”. Le Palais de cristal, ou Les Parisiens à Londres, grande revue de l’Exposition universelle, en 5 actes et 8 tableaux, de Clairville et Jules Cordier, première représentation le 26 mai 1851 au théâtre de la Porte Saint-Martin. Le même théâtre est en relâche du 6 au 26 septembre 1866 pour les répétitions générales de la reprise de cette revue.

Datation de la prise de vue : septembre 1866, probablement entre les 6 et 20 septembre.

No 252Rue Hautefeuille, du boulevard Saint Germain. Septembre 1866.
State Library of VictoriaMusée CarnavaletBHVP (négatif)
CARPH000779
27.8 x 33.8
1865-1868

Position estimée