Rue Grégoire de Tours, c. 1866

Marville : rue Grégoire de Tours

Rue Grégoire de Tours (nord), de la rue de l’École de Médecine. Paris VIe. Vers 1866.

Version haute définition : 2600 x 3109 pixels.

Marville photographie la partie de la rue Grégoire de Tours qui était auparavant dénommée rue des Mauvais Garçons 1. 1. En 1846, la rue des Mauvais Garçons, qui allait de la rue de l’École de Médecine à la rue de Buci, est renommée Grégoire de Tours. En 1851, elle fusionne avec la rue du Cœur Volant, qui allait de la rue des Quatre Vents à la rue de l’École de Médecine. Au premier plan, nous voyons le croisement avec la rue de l’École de Médecine, que le prolongement en 1877 du boulevard Saint-Germain va faire disparaître. Au fond, nous voyons une maison de la rue de Buci (le no 4, qui existe toujours).

Sur les deux maisons d’angle, nous voyons gravé dans la pierre l’ancien nom de la rue de l’École de Médecine : rue des Boucheries. La rue des Boucheries, qui allait de la rue de l’Ancienne Comédie à la rue de Montfaucon, est réunie à la rue de l’École de Médecine, qui allait de la rue Racine à la rue de l’Ancienne Comédie, par ordonnance ministérielle du 5 octobre 1846. C’est toute l’ancienne rue des Boucheries que le boulevard Saint-Germain va faire disparaître en 1877. La longueur de la rue de l’École de Médecine est alors réduite de 331 m, passant de 573 à 242 m.

Au premier plan, l’espace vide était occupé par une maison qui a été démolie vers mai 1866 en vue du futur percement du boulevard 3. 3. La Presse, 7 mai 1866, p. 3. “… bien que le prolongement du boulevard Saint-Germain ne soit pas décrété, on va jeter à bas, pour son exécution partielle, les nos 73 et 75 de la rue de l’École-de-Médecine, et le no 25 de la rue Grégoire-de-Tours.”

Les matériaux à provenir de la démolition des nos 21, 20 et 22, rue Grégoire de Tours, 66 et 68, rue de l’École de Médecine, sont adjugés le 23 janvier 1877 2. 2. Le Petit Journal, 24 janvier 1877, no 5143, p. 2. Les démolitions doivent être réalisées dans les deux mois qui suivent.

Plan rue Grégoire de Tours

Position de Marville. [1600 x 1000 px.]

GRÉGOIRE DE TOURS (RUE). Commence à la rue de Buci, nos 5 et 7 ; finit a la rue des Quatre-Vents, nos 18 et 20. Le dernier impair est 35 ; le dernier pair, 46. Sa longueur est de 215 m. — De 1 à 23 et de 2 à 24, 10e arrondissement, quartier de la Monnaie ; de 25 à la fin et de 24 à la fin, 11e arrondissement, quartier du Luxembourg.

Première partie, comprise entre la rue de Buci et celle de l’École-de-Médecine. — Au mois de février 1254, l’abbé de Saint-Germain-des-Prés vendit à Raoul d’Aubusson un terrain en face des murs de la ville moyennant une redevance annuelle de 40 sols parisis. On lit dans cet acte que l’abbé de Saint-Germain se réserva le droit de faire ouvrir derrière ce terrain un chemin de 3 toises de large. En 1265, ce chemin était tracé et fut désigné plus tard sous le nom de la Folie Reinier, en raison d’une maison de plaisance appartenant à un nommé Reinier. Cette propriété exista dans cette rue jusqu’en 1399. Vers cette époque, des bouchers étant venus habiter cette voie publique, elle prit alors le nom de l’Écorcherie. Ces mêmes bouchers et leurs garçons excitèrent des troubles sous le règne malheureux de Charles VI, et le peuple donna plus tard à cette rue le nom des Mauvais-Garçons. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, avait fixé la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841, cette dimension devra être portée à 10 m. Conformément à une autre ordonnance royale du 4 novembre 1846, la rue des Mauvais-Garçons-Saint-Germain a reçu le nom de Grégoire-de-Tours.

Deuxième partie, comprise entre les rues de l’Ecole-de-Médecine et des Quatre-Vents. — Avant le seizième siècle, elle était indiquée sous les noms de ruelle de la Voirie, de la Boucherie et de rue de la Tuerie. Depuis, elle porta la dénomination de rue du Cœur-Volant, en raison d’une enseigne représentant un cœur ailé ou cœur volant. — Une décision ministérielle du 8 nivôse an IX, signée Chaptal, fixa la largeur de cette voie publique à 8 m. En vertu d’une ordonnance royale du 12 mai 1841, cette largeur devra être portée à 10 m. Conformément à une décision ministérielle du 9 avril 1851, la rue du Cœur-Volant a été réunie à la rue Grégoire de Tours. Les propriétés nos 1, 19 et 21 sont seules à l’alignement.

Grégoire de Tours, évêque de celle ville, naquit en 559 ; ses talents lui donnèrent une grande influence sur son siècle. Il mourut en 593. On a de lui une Historia Francorum. C’est l’Histoire ecclésiastique et profane depuis l’époque de l’établissement des Francs dans les Gaules.

[Félix et Louis Lazare. Dictionnaire administratif et historique des rues et monuments de Paris. Paris, Bureau de la Revue Municipale, 1855.]

Datation de la prise de vue : après mai 1866, vraisemblablement vers septembre 1866.

Marville : rue Grégoire de Tours

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No xxxRue Grégoire de Tours (nord), de la rue de l’École de Médecine. Vers 1866.
State Library of VictoriaMusée CarnavaletBHVP (négatif)
H88.19/65CARPH000798NV-004-C-0245
27 x 32.4 cm27.2 x 32.528.5 x 37.7
c. 18771865-1868vers 1868

Position estimée