Rue des Ciseaux, 1867

Marville : rue des Ciseaux

Rue des Ciseaux, de la rue d’Erfurth. Paris VIe. 1867.

Version haute définition : 2600 x 3246 pixels.

Marville se trouve rue d’Erfurth et photographie la rue des Ciseaux, au bout de laquelle nous voyons une maison sur la rue du Four (le no 27, qui faisait angle avec la rue des Canettes).

Les maisons que l’on voit à droite sur la rue d’Erfurth vont être démolies en octobre-décembre 1867, à l’occasion du prolongement de la rue de Rennes jusqu’à la rue de l’Abbaye et de la création de l’amorce du boulevard Saint Germain. Pour le reste, la rue des Ciseaux est été épargnée. Elle devait être élargie à 10 mètres, mais cela ne fut que très partiellement réalisé, seul le no 7 (construit vers 1897) est aujourd’hui aligné.

On notera à droite l’amusante enseigne en forme de rébus : “Tout en est bon, depuis les pattes jusqu’à la tête” (la boutique étant une charcuterie, la maison Tacot).

Sur cette rue, dans les années 1770-1780, le sieur Dubuisson et la demoiselle Langlet fabriquaient et vendaient le célèbre Rouge de la reine, fard végétal qui “rassure contre les dangers qu’une mauvaise composition doit faire craindre”, conditionné en pots dorés de porcelaine de Seve (sic). Le rouge était fabriqué à base de carthame, ou safran bâtard, sur une base de talc. “Ce que j’ai trouvé extraordinaire, et qui me plut à l’excès, fut du rouge mis à la façon que les dames de la cour le mettent à Versailles. L’agrément de cette peinture consiste dans la négligence avec laquelle elle est placée sur les joues. On ne veut pas que ce rouge paraisse naturel, on le met pour faire plaisir aux yeux qui voient les marques d’une ivresse, qui leur promet des égarements et des fureurs amoureuses.” — Casanova, vers 1790. “À propos d’air, je vous dirai que j’ai vu celles qui passent pour des Beautés parmi les Dames Françaises : elles sont en vérité dégoûtantes, (pardonnez-moi l’expression,) par leur façon de se mettre, et par le fard dont elles couvrent leur visage : leurs cheveux courts et frisés ressemblent à de la laine blanche ; et avec leur visage couleur de feu, elles n’ont même pas la figure humaine ; on les prendrait volontiers pour des moutons nouvellement écorchés.” — Lady Mary Wortley Montagu, 1718.

Expropriations de 1867

Plan des expropriations de 1867. [1600 x 1000 px.]

Plan rue des Ciseaux

Position de Marville. [1600 x 1000 px.]

CISEAUX (RUE DES). Commence à la rue Sainte-Marguerite, nos 17 et 19 ; finit à la rue du Four, nos 28 et 30. Le dernier impair est 9 ; le dernier pair, 10. Sa longueur est de 63 m. — 10e arrondissement, quartier de la Monnaie.

Ce nom lui vient d’un hôtel des Ciseaux, dont il est fait mention dans les titres de Saint-Germain-des-Prés. Un procès-verbal de 1636 la nomme rue des Fossés-Saint-Germain. Depuis on l’a toujours désignée sous le nom de rue des Ciseaux. — Une décision ministérielle du 15 vendémiaire an IX, signée L. Bonaparte, fixa la largeur de cette voie publique à 7 m. En vertu d’une ordonnance royale du 30 avril 1844, cette largeur devra être portée à 10 m. Toutes les propriétés riveraines sont soumises à retranchement.

[Félix et Louis Lazare. Dictionnaire administratif et historique des rues et monuments de Paris. Paris, Bureau de la Revue Municipale, 1855.]

RUE DES CISEAUX.

La rue des Ciseaux commence à la rue Sainte-Marguerite (Gozlin) et finit à la rue du Four.

C’était primitivement une ruelle sans importance, qui conduisait de la rue du Four sur le chemin des fossés de l’abbaye, et ne renfermait aucune maison ayant là sa façade, ou sa principale entrée. Aussi les anciens titres ne la désignent-ils que par une périphrase, comme “rue qui va des fossez à la rue de Blanchoue” (1429) ; “ruelle qui va de la Grant rue sur les fossez de l’abbaye” (1462), et plus souvent par le simple mot ruelle. Le censier de 1595 est le premier document où nous ayons vu la “ruelle des Ciseaulx” indiquée par ce nom, qu’un acte de 1633 modifie en celui de “rue des Ciseaulx d’Or”. Il est à croire que l’on disait communément “rue des Ciseaux” avant l’époque où cette appellation apparaît dans les documents, puisque l’enseigne des Ciseaux, distinguant la maison qui formait le côté occidental de la rue, existait dès le milieu du XVe siècle.

Jaillot dit que, dans certains actes, la rue des Ciseaux a été « confondue avec une ruelle voisine, située plus près du Pilori, et qui ne portoit dans le XIVe siècle, d’autre nom que celui de ruelle qui descend des fossés Saint-Germain à la rue de la Blanche-Oie et à la rue du Four ;” mais il est évident, au contraire, que la seule rue qui ait conduit des fossés aux rues du Four et de la Blanche-Oie est bien la rue des Ciseaux, car elle débouche au point même où les deux rues s’unissaient, tandis qu’une ruelle, placée comme Jaillot l’a imaginé, n’aurait mené qu’à la rue de la Blanche-Oie exclusivement. Aussi bien est-il certain que la ruelle dont parle Jaillot se confond avec la rue des Ciseaux, puisque les documents où il en est question la présentent comme une des limites du grand hôtel plus tard appelé Casin, qui occupait la totalité de l’îlot compris entre les rues des Ciseaux, Sainte-Marguerite et du Four. Cet îlot ne peut donc avoir été coupé par aucune ruelle : les archives de l’abbaye en fournissent vingt fois la preuve.

Les propriétés qui bordaient la rue des Ciseaux avaient leur entrée dans les rues du Four et Sainte-Marguerite.

[Adolphe Berty, Lazare-Maurice Tisserand. Topographie historique du vieux Paris. Région du bourg Saint-Germain. Paris, Imprimerie nationale, 1876.]

Suite au décret d’utilité publique du 28 juillet 1866, la rue de Rennes, créée en 1854 du boulevard du Montparnasse à la rue de Vaugirard, va être prolongée en avril-septembre 1867 jusqu’à la rue du Vieux Colombier et d’octobre 1867 à avril 1868 jusqu’à la rue de l’Abbaye.

Affiche “La Dame aux camélias”. Pièce en cinq actes, par Alexandre Dumas fils. Reprise au Théâtre du Vaudeville le 21 mai 1867, jusqu’au 3 juillet 1867.

Datation de la prise de vue : mai-juillet 1867.

No xxxRue des Ciseaux, de la rue d’Erfurth. Mai-juillet 1867.
State Library of VictoriaMusée CarnavaletBHVP (négatif)
CARPH000856NV-004-C-0167
27.2 x 32.128.7 x 37.8
1865-1868vers 1868

Position estimée